Le (petit) bras vengeur de la FFF a frappé : 18 matchs de suspension pour Anelka (2 ans), 5 pour Evra (6 mois), 3 pour Ribéry (2 mois), 1 pour Toulalan, et aucun pour Abidal. Dur, à l’aube des qualif’ pour l’Euro 2012. Et pourtant, Laurent Blanc pourrait aligner les suspendus. Voici comment.
Crédits photo : TEAMSHOOTREMISE DE PEINE
Plongeons-nous dans les arcanes du règlement de la FFF. Article 201 des Règlements généraux de la FFF : « Le barème des sanctions de référence pour comportement antisportif figure en annexe 2 aux présents règlements. » Brrr, ça fait peur. Rendez-vous pris, donc, avec l’annexe sus-mentionnée. Laquelle nous précise que
« en cas de première sanction, la suspension de compétition peut être remplacée ou complétée, avec l’accord de l’intéressé et, le cas échéant, celui de son représentant légal, par l’accomplissement, pendant une durée limitée, d’activités d’intérêt général au bénéfice de la Fédération, d’une Ligue, d’un District ou d’un club. »
C’est-à-dire qu’en cas d’appel, les suspendus pourraient se voir intimer l’ordre de bosser gratis pour la FFF pendant une durée déterminée. Sous diverses formes : stages de bonne conduite auprès des jeunes, ambassadorat anti-racisme et anti-violence dans les clubs de France et de Navarre, bouche-trou dans la défense stéphanoise ou l’attaque monégasque (Non ? C’est pas possible ? Ah bon). Une sanction similaire avait déjà frappé Zizou en 2006 suite à son coup de boule sur Materrazzi. D’abord suspendu pour 3 matchs, la FIFA avait décidé de commuer la sanction en trois jours de charity no-business.
Sauf qu’une clause discrimine les quatre suspendus : le casier vierge. Pour Ribéry, Evra et La Toule, aucun souci. En revanche, pour Nico, aucune remise de peine possible. En 2003, l’attaquant des Blues avait été déjà suspendu pour avoir déclaré au Daily Mirror qu’il ne souhaitait plus revêtir la tunique bleue. Avec Santini comme sélectionneur, on pouvait le comprendre. Reste que de tels propos ont été à juste titre sanctionnés, et voilà Nico qui a grillé sa dernière cartouche. MDR comme on dit.
UNE SIMPLE MESURE DE RÈGLEMENT INTÉRIEUR
Problème : Laurent Blanc n’a pas la main sur le sort des suspendus, et doit attendre la bienveillance des instances nationales. Un espoir qui, au vu de la ferme intention de chasser les sorcières, a de très fortes chances de rester vain.
Qu’à cela ne tienne, le sélectionneur français n’est pas totalement lié juridiquement à la sanction de la FFF. En effet, l’instance nationale ne pourra faire plier l’UEFA. L’attitude des 23 Mondialistes n’étant nullement répréhensible aux yeux de l’UEFA et de la FIFA (puisqu’elles se sont déroulées sur un terrain extrasportif), la décision de la FFF n’est qu’une simple mesure de « règlement intérieur » qui ne regarde que les membres assujettis aux statuts de la Fédé.
En conséquence, dans la mesure où les licences des joueurs restent valides et qu’aucune suspension ne les frappe, Laurent Blanc pourrait outrepasser la décision de la FFF en alignant Ribéry, Evra, Toulalan et même Anelka dès le 3 septembre contre le Belarus.
Une telle décision aurait cependant des allures de cataclysme à la Fédé. Interrogé par Chronofoot, le directeur juridique de la FFF, Jean Lapeyre, a reconnu la légalité du procédé, mais s’est empressé de mettre le hola : « Si Laurent Blanc les fait jouer, il va au clash avec la Fédération. » Et encourrait naturellement de lourdes sanctions, confer article 200 des Règlements de la FFF.
La sagesse devrait naturellement pousser Lolo à ne pas verser de l’huile sur le feu. Toutefois, la vraie question est la suivante : Evra, Ribéry et Toulalan sont-ils si indispensables qu’une remise de peine soit souhaitable ?
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