La grande braderie

1er septembre, zéro heure une : le cachet de la poste ne fait plus foi, le mercato est bel et bien terminé. Même si le gros du recrutement est bouclé depuis le week-end dernier, ces derniers jours permettent de comprendre le positionnement des écuries de Ligue 1. Décryptage du mercato 2011. MARCHÉ INTÉRIEUR Lugubre complainte [...]

1er septembre, zéro heure une : le cachet de la poste ne fait plus foi, le mercato est bel et bien terminé. Même si le gros du recrutement est bouclé depuis le week-end dernier, ces derniers jours permettent de comprendre le positionnement des écuries de Ligue 1. Décryptage du mercato 2011.

transfert gourcuff lyon

MARCHÉ INTÉRIEUR

Lugubre complainte des dernières saisons, la razzia des espoirs par les grands clubs européens n’aura pas eu lieu. Si Rémy fut courtisé un temps par Stoke et Tottenham, comme Sakho le fut par la Juve, aucun club n’a cédé aux planches à billets. Avançons une double hypothèse. D’une part, la Ligue 1 a bénéficié cette année du calme des deux années précédentes, où peu d’espoirs sont partis. Ceux qui auraient pu décarrer il y a deux ans pour pas très cher sont aujourd’hui considérés comme de vrais investissements sportifs et financiers qui, dans un contexte où le mercato européen est resté raisonnable, a forcé les grandes écuries à plus de sagesse. C’est la raison pour laquelle Jean-Michel Aulas a pu avancer tranquillement sur le dossier Gourcuff (24 ans), et que Dédé Gignac (25 ans) s’est fait des sueurs froides jusqu’à la mi-août.

Seconde hypothèse : le niveau de la Ligue 1 s’est amoindri, détournant les grandes écuries européennes de venir piocher des talents dans une nation devenue mineure du football européen. Hatem Ben Arfa n’est pas parti chez les Anglais, il a été bouté hors de France. Tottenham n’a pas non plus fait le forcing pour enrôler le cardiaque Loïc Rémy. Dans cette optique, Laurent Koscielny, parti à Arsenal, fait figure d’extraterrestre : c’est l’espoir que la Ligue 1 n’a jamais vu et que plus malin a raflé.

Le marché s’est en fait recroquevillé sur lui-même, sans pour autant virer à la foire aux seconds couteaux. On retrouve parmi les voyageurs en transit quelques beaux spécimens qui font de la Ligue 1 un championnat parfois acceptable : Gourcuff, Briand, Gignac, Rémy, Nenê, Ben Khalfallah, Montaño. C’est le signe évident d’une fin de cycle généralisée chez tous les gros du championnat français. Il est loin le temps où Lyon se comportait en seigneur de Ligue 1 et (ab)usait de son droit de cuissage sur les jeunes puceaux lillois ou niçois sans jamais vendre personne sur le marché français. Aujourd’hui les bons joueurs voyagent, et c’est peut-être le début d’une décennie où les titres passeront de club en club au gré des exercices, comme entre 1993 et 2002.

BIG FOUR OU GROS FOUR ?

A trop jauger la qualité d’un mercato au prestige des noms recrutés, on perd un peu en justesse de vue. Les supporters de l’OM pensent encore que c’est avec les plus gros poissons qu’on fait les meilleures bouillabaisses. Or, sans rien renier des qualités des deux internationaux français, il faut reconnaître que d’une part, Mamadou Samassa est le seul attaquant marseillais a avoir scoré en 4 journées (merci Heinze et Taïwo), et que d’autre part, le transfert de Loïc Rémy, ailier droit, est au mieux une simple soupape de sécurité à plus de 10 millions, au pire une concurrence potentiellement déstabilisatrice pour un groupe dont le couloir droit avait été occupé avec brio par Mathieu Valbuena l’an dernier.

A Lyon, le recrutement a pris des allures de conscription. En fin de cycle depuis deux ans, les Lyonnais ont bazardé les anciens champions en perdition (Govou, Piquionne, Boumsong, Clerc, Bodmer) pour tenter d’insuffler un vent de fraîcheur. Mais avec l’avalanche de blessures, le groupe lyonnais a recruté pour faire le nombre sans s’être réellement renforcé. Quand on sait que c’est la préparation physique bâclée qui est mise en cause, le point d’interrogation restera vivace jusqu’à la trêve hivernale, au moins.

Paris fait preuve d’année en année de plus de sagesse et de justesse sur le marché des transferts. Bodmer n’était peut-être pas le choix le plus heureux (du moins comme titulaire), mais le recrutement de Nenê est un indéniable apport qualitatif pour le couloir gauche orphelin de la rampe Heinze-Sorin. Sauf qu’encore une fois, Paris a grillé toutes ses cartouches en début de mercato et n’a pas réussi, à l’inverse de l’OM, à être suffisamment escroc pour financer ses emplettes sur ses propres ventes (vendre Gaël Givet pour 6 millions, c’est de l’escroquerie).

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4 commentaires

  1. deux pieds décollés (Il y a 1 année ago)

    Le fil rouge de cet article, c’est un étrange scepticisme, ou plutôt une réserve. Pourquoi?
    On peut estimer au contraire que les recrutements de Marseille, Paris, et Lyon furent excellents. Marseille n’a pas su gérer son été, mais ils s’en sortent très bien. Nênê à Paris, c’est la meilleure chose qui pouvait leur arriver, et Gourcuff/Lisandro, ça va faire très mal.
    Bref, en France comme partout en Europe, des recrutements ciblés et pertinents. Pas d’abus, de la part de personne (enfin si, le Real – mais cette année, sans que ce soit hasardeux). Même l’Ogym, qui m’est cher, s’est bien démerdé en choppant Ljuboja au dernier moment!

  2. Jules (Il y a 1 année ago)

    @Deuxpiedsdécollés : l’OM bazarde Bonnart pour claquer 7 millions dans Azpi, c’est un peu étrange non ? Ajoutons à cela que le mercato final ressemble peu à celui voulu par Deschamps : du renforcement en attaque à des postes pas vraiment cruciaux (Rémy à droite), et rien aux postes où l’OM a besoin de monde (le milieu). Recruter de bons joueurs ne suffit pas à faire un bon mercato, surtout quand on joue la LDC :)

    Idem pour l’OL. Ils ont acheté de bons joueurs, mais dans un effectif qui s’effrite sous les blessures, le mercato perd en gueule. Au final, ils se retrouveront en sureffectif dans 2 ans et devront bazarder les nouveaux Fabio Santos, Cleber Anderson et Mensah chopés pour faire le nombre ;)

    Paris fait toujours des recrutements ciblés, mais en ne suivant jamais ses priorités. Bodmer n’aurait pas dû venir avant qu’un défenseur central soit signé. Au 31 août, force est de constater que le recrutement parisien n’est pas bouclé, faute de liquidités.

    Et sinon, on est sur la réserve parce que c’est notre état d’esprit :)

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