Le syndrome E.T.

Si la petite bête de Spielberg avait été footballeur, elle aurait flingué sa carrière. La faute à une homesickness un peu trop prononcée qui la porte à vouloir retourner fissa à la casa. Or, savoir quitter le nid pour le footballeur, c’est une question de survie. Entre nostalgie, fric et actes manqués, le syndrome E.T. [...]

Si la petite bête de Spielberg avait été footballeur, elle aurait flingué sa carrière. La faute à une homesickness un peu trop prononcée qui la porte à vouloir retourner fissa à la casa. Or, savoir quitter le nid pour le footballeur, c’est une question de survie. Entre nostalgie, fric et actes manqués, le syndrome E.T. chez les footballeurs, c’est tout un cinéma.

adriano flamengoFlamengo, Adriano l’a sur la peau

PARS VITE ET REVIENS TARD

Les entraineurs savent que les jeunes pépites devront tôt ou tard quitter le cocon douillet. Si les Totti, les Maldini, ou les Tony Adams ont pu faire toute leur carrière dans leur club formateur, c’est parce qu’ils ont eu la chance de naître au football du bon côté de la ligne, celle des coupes européennes et des scudetti. Pour les autres, faire une carrière maison dans son club formateur, c’est prendre le risque de passer par pertes et profits du panthéon du football mondial : qui se souvient des Sikora, des Ettori ou des Raynald Denoueix autrement que comme des joueurs de devoir recordman des apparitions en championnat ?

Mais secrètement, tous les entraîneurs rêvent de voir revenir au pays l’enfant prodigue. Avec une contrainte de taille : le pèze. A Arles-Avignon, futur relégué en Ligue 2 la saison prochaine, on s’est piqué de faire revenir Djibril Cissé dans son club formateur. Peine perdue : même avec une jambe en deux morceaux, Djib’ était trop cher pour le promu, a confié son président, Jean-Marc Conrad.

C’est la raison pour laquelle les clubs modestes attendent que les anciennes étoiles s’étiolent pour leur proposer l’un de leurs derniers challenges. En 2009, le club de Livourne réussit à se faire prêter Cristiano Lucarelli, 34 ans dont seize pallone au pied, deux ans après qu’il a quitté le club dans lequel il s’est révélé au football italien. Une retraite dorée ? Tu parles. C’est peu dire que Lucarelli a la ville de Livourne dans la peau : rédac-chef du canard local, tatouage à l’effigie du club, amour inconditionnel pour les Brigades Autonomes Livournaises, hools made in Toscane… Il vous en faut plus ?

« I’LL BE BACK »

Et si le retour aux sources n’était qu’une question de loyauté ? Comme Lucarelli, le destin de Didier aurait tourné vinaigre si l’OM ne l’avait tiré de Guingamp. En à peine une saison, Drogbiche est devenu Drogbut, un killer des surfaces dans le collimateur des grands d’Europe. Alors, quand Didier se barre de la Canebière pour Stamford Bridge sans avoir rien laissé en gratif’ au club qui le révèle qu’une insatisfaisante 7e place, ça tousse chez les supporters marseillais. Pas étonnant qu’avec pareil sentiment d’ingratitude, The Drog’ se sente régulièrement obligé de promettre un retour prochain. 2005 : « Ce n’est pas planifié, mais pourquoi pas un retour à l’OM l’année prochaine. » 2009 : « Je veux qu’on arrête de dire que je vais retourner à Marseille ou aller à l’Inter Milan. Je veux rester ici jusqu’à la fin de mon contrat. » Avant de porter l’estocade en 2010 : « Un retour ? Pas comme ça. Il faut être réaliste. Je ne suis pas gourmand financièrement, mais j’ai atteint un certain niveau que j’espère garder. »

Cependant, tous les joueurs ne placent pas le fric et la renommée sur l’autre plateau de la balance. En 2004, Monaco casse la baraque en Champion’s League et l’on s’arrache alors les 4 fantastiques, Nonda-Pršo-Giuly-Rothen. Tandis que le Croate et le Lutin s’envolent pour la grisaille écossaise et le soleil catalan, Rothen se paie le luxe de refuser Chelsea et la Roma pour signer… au PSG. Un curieux choix de carrière que le natif de Châtenay-Malabry justifie alors par l’admiration pour le club de son enfance. On connaît la suite. Triste.

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L'auteur

Jules

Un joueur à l'ancienne, racé, taiseux, têtu et indiscipliné. Les vieilles liquettes et les ballons en cuir brun, qu'on caresse avec élégance. Pas de doute, y'a du George Best là-dedans.

1 commentaire

  1. Chauffeur (Il y a 1 année ago)

    Sympa l’article :-)

Commentaires

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