France-Uruguay : match (vraiment) nul

Les Bleus auraient pu au moins songer à ceux qui les supportent. Accoucher d’un triste et statistique 0-0 un vendredi soir, c’est faire peu de cas de notre réjouissance à commencer ces soirées bières-pizzas entre amis. Des pizzas que, d’ailleurs, chacun a dû payer hier puisque la France n’a pas scoré. MATCH NUL Au soir [...]

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Les Bleus auraient pu au moins songer à ceux qui les supportent. Accoucher d’un triste et statistique 0-0 un vendredi soir, c’est faire peu de cas de notre réjouissance à commencer ces soirées bières-pizzas entre amis. Des pizzas que, d’ailleurs, chacun a dû payer hier puisque la France n’a pas scoré.

MATCH NUL

Au soir de la première journée de cette phase de poules, les Bleus peuvent néanmoins souffler. Avec le match nul des Bafanas face au Mexique, immérité au vu du jeu tout en vitesse des Sud-Africains, les compteurs sont à égalité, chacun chez soi. La donne paraît donc simple : la France doit battre le Mexique pour écarter un concurrent direct. Simple sur le papier, autrement plus compliqué sur le terrain.

Car le match nul auquel on a assisté hier soir n’a jamais aussi bien porté son nom : ennuyeux de bout en bout. Ce n’est pas avec le coup-franc vicelard de Gourcuff claqué dans la lunette ou le seul raid de Forlan avec une frappe en demi-molle plein centre à la clé qu’on a atteint l’orgasme footbalistique ; quelques frissons tout au plus… La faute à une animation offensive des deux côtés branchée, au mieux, sur courant alternatif. Quelques accélérations en contre-attaque chez les Uruguayens, quelques mouvements offensifs bien amorcés mais torchés chez les Bleus. Et l’emballement des 10 dernières minutes à 11 contre 10 n’est qu’un trompe-l’œil, celui d’un attaque-défense aux airs de Verdun.

SPORT COLLECTIF ?

On attendait beaucoup des Bleus hier après le foutage de gueule manifeste des matchs de préparation. D’après Raymond, il y a du mieux. Soit. La charnière centrale n’a pas pris de but, mais la faiblesse de la ligne d’attaque uruguayenne hier soir ne laisse pas vraiment de motif de satisfaction. Certes également, le jeu des Bleus s’est légèrement rééquilibré vers la droite. Sagna a été bien plus fringant hier en multipliant les centres, et l’on a vu Govou pendant 30 secondes, il y a du mieux.

Mais un gros point d’interrogation persiste : les Bleus jouent-ils en équipe ? Où sont passées les attaques en groupe ? Dès que la passe est faite, le joueur s’arrête : comment veut-on avoir cette demie-seconde de décalage nécessaire au débordement ? Pas étonnant dans ce cas qu’Anelka soit seul, trop seul, dans les 20 mètres. Combien de bonnes actions ont été conclues par un centre dans une surface remplie uniquement de défenseurs uruguayens ?

Domenech n’arrive pas à dégonfler les gros melons de cette équipe. Depuis le départ de Zidane, Ribéry se voit en héros national. Il part tête baissée dans des dribbles à 3 contre 1. L’arrogance nationale capable de soulever les montagnes a du bon quand l’intelligence du jeu empêche de s’entêter dans des choses qui ne marchent pas : jouer perso jusqu’à ne plus avoir de solutions est voué à l’échec. Que dire d’Anelka, qui récupère un ballon dos au but et en position de hors-jeu sur une excellente percée de Diaby alors que Govou filait seul au but à la régulière ?

Gourcuff ? Il y a vraiment un malaise chez ce joueur. Sérieux, appliqué, mais sans folie. A peur de provoquer. Mais n’est pas aidé par Ribéry et Anelka qui refusent visiblement de jouer avec lui.

Domenech a néanmoins trouvé un système de jeu qui offre aux Bleus une stabilité. La ligne axiale Toulalan-Diaby est l’une des satisfactions tant elle a paru complémentaire avec la percussion attendue du second. Reste que Malouda en a fait les frais, et que ce n’était pas le choix le plus heureux. Il faudra bien que Raymond se résolve à sortir Govou pour y mettre soit Valbuena, soit Ribéry. Maintenir Scarface sur son aile gauche, c’est à la fois se priver de l’apport offensif de Malouda (l’un des meilleurs français de la deuxième partie de la saison) et sacrifier l’aile droite. Une faveur impensable au vu de l’apport réel de Francky à cette équipe.

Le problème n’est pas chez Gourcuff. Il est chez Ribéry.

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L'auteur

Jules

Un joueur à l'ancienne, racé, taiseux, têtu et indiscipliné. Les vieilles liquettes et les ballons en cuir brun, qu'on caresse avec élégance. Pas de doute, y'a du George Best là-dedans.

7 commentaires

  1. arnocast (Il y a 1 année ago)

    Ah ben merci! Enfin, un article où on peut lire (bon, SoFoot l’a dit aussi) que Ribéry est, par son attitude, le vrai problème de l’équipe et pas son leader…
    Qu’il aille jouer à droite et ne fasse pas chier, et s’il refuse, on fera sans lui.

    Faudrait réussir à trouver ce que Gourcuff a pu faire à Ribéry & Anelka pour qu’ils refusent à ce point de jouer avec lui… C’est assez inadmissible de l’ignorer autant sur le terrain. De là à les remplacer par un joueur de Marseille, de Toulouse ou du Panathinaïkos…

  2. bon papa (Il y a 1 année ago)

    y a-t-il un lien de parenté entre Gourcuff le joueur et Gourcuff l’universitaire ?

  3. Jules (Il y a 1 année ago)

    @MKP : Oui, la coincidence n’est pas vraiment troublante. Il y a eu 2006 quand même !

    @Arnocast : Apparemment, Malouda aussi aurait le melon. Le vrai problème, c’est que Domenech veut faire jouer Gourcuff avant-centre, mais ni Ribéry, ni Malouda, ni Anelka, ne voudraient être à sa disposition. Sans doute la crainte de se faire piquer la place de star.

    @Bon papa : Pas à notre connaissance. Encore que Gourcuff père a été prof de maths, ça pose un homme niveau intellect.

  4. La Dorade (Il y a 1 année ago)

    Faudra dire à Bon Papa de ne pas confondre Gourcuff et Corcuff!

  5. Bon Papa (Il y a 1 année ago)

    Ouf ! la dorade qui nage toujours en eau profonde me rassure : on peut être intellectuel et passionné de foot.Quand à ma confusion entre G et C, elle signe un manque de rigueur … intellectuelle.

  6. Sociologie du Club Med Gym | Überparisians | #JulesUberPartout (Il y a 1 année ago)

    [...] la veille. Ça tombait bien, parce que j’avais juste bâfré du homemade burger devant un indigent France-Uruguay. Je me suis mis en tête de faire de l’observation participante, un peu à la manière de [...]

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