Le LOSC se relèvera t-il ?

Longtemps adulé pour son modèle de gestion et son football offensif porté sur l’attaque placée, le LOSC galère pas mal cette saison en championnat, en coupes et en compétition européenne. Si de bons résultats sont récemment venus apaiser les tensions dans le club, on peut néanmoins s’interroger sur l’avenir de celui ci. Entre équipe saignée au mercato, finances tendues et nouveau stade, l’équilibre économique et sportif du club reste fragile pour les saisons à venir. Peut-on encore considérer le LOSC comme un club capable de venir jouer l’Europe ? Quelles seraient alors les solutions afin de permettre à celui ci de perdurer dans les premières places du championnat français ? Éléments de réponse.
Depuis le début de saison le club semble marquer le coup. Le départ d’Hazard cette saison fut clairement la fin d’un cycle, celui du « Barça du Nord », des chevauchées de Moussa Sow et de l’infaillibilité du duo Chedjou-Rami. Or, les Lillois viennent d’entrer dans un magnifique nouveau stade, et leur futur semble s’assombrir de plus en plus. Des cadres veulent partir à l’étranger (Mavuba, Chedjou, Basa), d’autres sont partis récemment (Debuchy et Landreau), et les finances sont en berne. Aucun repreneur ne s’est présenté pour investir et renouveler le projet et l’effectif lillois, accentuant une confusion qui n’est pourtant pas propre aux valeurs du club.
Il y a dix ans de cela, Claude Puel, le président lillois Michel Seydoux et l’ancien directeur sportif Xavier Thuilot, décidèrent de démarrer un nouveau projet prônant le beau jeu, le recrutement peu coûteux et l’éclosion des jeunes de la région. Le projet aboutira finalement au doublé coupe-championnat de 2011. Or, en décryptant bien les dires des dirigeants, et en allant discuter avec des responsables du club au risque de se faire rembarrer tel un vulgaire Olivier Tallaron, on peut se rendre compte que celui-ci ne s’est finalement pas déroulé comme prévu.
Des lampes à cannabis pour faire pousser la pelouse

L’hiver, en Angleterre, comme dans de nombreux pays d’ailleurs, est rude et long. Ajoutez à cela que, dans les clubs des divisions inférieures, l’argent vient vite à manquer pour tenir la pelouse en excellent état tout au long de la saison, et vous obtenez rapidement des pelouses dégueulasses, sablonneuses, qui tâchent les shorts, comme à Charlton.
A Notts County, pensionnaire de D3 britannique, on n’a pas d’argent, mais on a des idées. Le doyen des clubs mondiaux – fondé en 1862 – a demandé à la police locale de lui offrir les lampes à chaleur destinées à la culture du cannabis et confisquées lors de saisies, afin d’accélérer la croissance du gazon de Meadow Lane et donc réparer les frimas de l’hiver à moindres frais.
On était à Charlton-Nottingham Forest et c’était pas ce qu’on nous a vendu

Il paraît qu’au pays de la mère patrie du football, on vibre jusqu’en League Two, aux tréfonds du football professionnel. En cette fin de mois de février à Londres, alors qu’Arsenal reçoit Villa et Queens Park Rangers Van Persie et sa bande, on est allés vérifier sur place, en D2 anglaise, à quoi ressemblait le ballon rond au pays de Sa Majesté.
Come on you Reds
A Londres, il y a une pelletée de clubs, le choix est vaste. Mais pour sentir l’âme du football anglais, celle qui a les joues rouges et sent le fish and chips, mieux vaut s’éloigner du centre de la capitale et mettre les voiles en périphérie, là où la Premier League est presque un lointain souvenir. Un peu plus à l’est que le quartier de West Ham se trouve le district de Charlton, ancienne ville désormais absorbée par le Grand Londres, et même vidée de sa substance. Des enfilades de maisons en briques rouges, un Charlton Kebap qui côtoie une Charlton Laundry, qui côtoie elle-même un Charlton Grill : on se croirait dans Billy Elliot.
Dans ce ter-ter un peu désert où le chemin pour aller au stade oblige à passer par une étroite rue pavillonnaire, la police montée apporte presque un peu de réconfort visuel et donne l’image d’un football anglais bien loin des poncifs hooliganesques dans lesquels les maintient la littérature sportive française. Certes, Charlton n’est pas le plus brutal des clubs anglais – rien à voir avec Millwall. Fondé en 1905, tardivement par rapport au gros du peloton de ses compatriotes, le club n’a jamais pesé sur l’histoire du football anglais et affiche un palmarès famélique : une FA Cup en 1947, un titre de champion de D2 en 2000, et de D3 la saison dernère. Mais, malgré la tristesse sportive, les Addicks cultivent une singularité qui les attache au club : jusqu’en 2008, un siège du conseil d’administration était réservé aux abonnés, qui pouvaient librement présenter leur candidature aux suffrages de leurs pairs. Pour des raisons juridiques, le système a été abandonné et remplacer par un forum de fans, qui a toujours pour but de faire entendre une autre voix.
Du porte-à-porte pour remplir le stade

Que faire lorsqu’on joue chaque semaine dans un stade désespérément vide et que résonne l’écho à chaque choc ou grosse frappe ? Des joueurs de Singapour, lassés de jouer devant des sièges en plastique, ont eu une idée salvatrice : faire du porte-à-porte partout dans la ville pour persuader les habitants de venir au stade.
A Singapour comme dans de nombreuses anciennes colonies britanniques du sous-continent indien, les sports phares sont so british : cricket, tennis, squash, badminton. Le Singapourien aime le football – la S.League existe depuis 1996 –, mais il le préfère depuis son canapé, à mater la Premier League. La désaffection des stades est alarmante : la saison dernière, l’audience a culminé à… 932 spectateurs de moyenne.
Alors, à l’approche de la saison 2013, débutée en milieu de semaine dernière, les joueurs du Balestier Khalsa ont décidé de partir en mission évangélique : convaincre un par un les habitants de Toa Payoh, la ville résidente, de venir les soutenir pour la saison. « Plus les joueurs iront frapper aux portes, plus ils se rapprocheront des habitants, analyse S Thavaneson, le président du club. « Qui sait, peut-être arrivera-t-on à éveiller leur curiosité et à les faire venir pour un match ou deux. »





