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On était à New York Red Bulls – Toronto FC

30 septembre 2012 par Jules dans On était à..., Reportages // 0 commentaires

Septembre, c’est l’aube de la saison en Europe, mais déjà son crépuscule en MLS. A quelques journées de la fin, le New York Red Bulls recevait ce soir le mal classé Toronto pour un match très important dans la course aux play-off. Au pays du basket et du base-ball roi, on est allés voir ce que ça donnait niveau ballon rond. Et puis aussi pour revoir jouer Thierry Henry sous la liquette de la franchise new-yorkaise, ce qui ne nous était plus arrivés depuis l’Emirates Cup 2011. Récit.

En toute franchise, personne ne va à New York pour voir un match des Red Bulls. Non pas que l’équipe de Titi Henry soit dégueulasse à voir jouer mais, biberonnés à un football européen largement supérieur à ce que pourra jamais produire la MLS – no offense, guys –, on cherche avant tout le dépaysement sportif. Sauf qu’en cette fin du mois de septembre, la saison de basket n’a pas encore démarré, et que la place la moins chère pour un match de football américain coûte aussi cher qu’une comédie musicale à Broadway.

Alors va pour le football. Les Red Bulls sont bien classés en Conférence Est, et entrent dans le sprint final qui leur permettra de bonifier leur classement en vue des play-off. Cette année, la MLS sera peut-être à eux. Après la finale perdue de 2008 et l’élimination l’année dernière en quarts, les Red Bulls réussiront peut-être à passer le cap. Et puis, en face, les Canadiens de Toronto étant derniers de la Conférence Est, cela peut valoir le spectacle…

Tailgating et show à l’américaine

Pour se rendre à la Red Bull Arena, on se transforme en parfait petit commuter. Arrivés au World Trade Center, on longe les immenses bâches bleues, imposant voile pudique sur la catastrophe de la décennie, et on s’engouffre dans le PATH, sorte de RER à la new-yorkaise. Oui, au pays de l’Oncle Sam, seuls les clubs de basket et de base-ball jouent dans la ville. Direction Newark.

Le PATH nous brinquebale à un train de sénateur, sans ambiance. Il y a bien quelques maillots blancs et rouges dans les rames, mais ni chant ni bruissement. Ici et là montent quelques maillots des Nets de Brooklyn, la nouvelle franchise NBA. On s’ennuie tellement qu’on a le temps de relever que les deux notes qui annoncent la fermeture des portes sont les deux notes inaugurales de Midnight City de M83. Ou plutôt l’inverse. On comprend pourquoi le groupe frenchie cartonne outre-Atlantique…

Arrivés à bon port, nous voici sur un gigantesque terrain vague d’une banlieue pas vraiment accueillante. Quand la première pierre fut posée en 2006, Red Bull a pris le foncier là où il était. Propre, la ville d’Harrison, où est situé le stade, ressemble à une ZAC, le Cuir Center en moins.

Sur le parking du stade, des tailgate parties se terminent, car l’heure du coup d’envoi approche. Une grosse cainri replace l’équivalent d’un pack de Budweiser dans la glacière, et referme la porte du pick-up en tenant son hot-dog maladroitement dans l’autre main. Devant nous, les rangs de supporters défilent lâches mais disciplinés, on a l’impression d’aller assister à un Toulouse-Lorient. A tel point qu’on ne saurait dire si la fouille sommaire des vigiles tient plus de la paranoïa sécuritaire des Américains ou d’un souci d’encadrer des supporters des Red Bulls parfois à la limite de la normalité.

D’extérieur, le stade est beau. D’intérieur, il est ultra-moderne. Mais ce n’est pas un vrai stade à proprement parler. 25 000 places assises, un déluge d’écrans lumineux, pour tout voir à tout moment, de l’alias Twitter du club au match en lui-même, retransmis en direct et en mise en abyme sur deux écrans géants au-dessus de chaque virage.

Arrivés tout juste quelques minutes avant le début du match, on est accueillis par un assourdissant Star Spangled Banner chanté a cappella. Une tradition lorsqu’une équipe étrangère rencontre une équipe américaine. Le stade entier se lève, main sur le cœur, y compris les kids, et entonne la fierté nationale. Nous, on tente de se frayer un chemin dans notre allée, sous les regards un peu gênés des patriotes. Faut dire qu’on s’est placés dans la mauvaise section de la tribune, afin d’être pile au centre du terrain, dans un endroit où il n’y a que des sièges vides. On allait pas se priver…

Au match comme au drive-in

A l’applaudimètre, c’est le duo d’attaque Thierry Henry-Kenny Cooper qui remporte tous les suffrages. Même si on a du mal à comprendre ce que dit la petite tribune d’ultras dans son brouhaha, il ne nous semble pas que la compo de l’équipe de Toronto soit accueillie à coups d’ « enculés ! ». D’ailleurs, ne cherchez pas de supporters canadiens, ils n’ont pas fait le voyage. Les 25 000 spectateurs sont tout entiers acquis à la cause des Red Bulls, dans un joyeux bordel familial et foutraque.

A la 5e minute de jeu, alors que le rythme est légèrement retombé, Ryan Johnson envoie un mastard des 25m dans la lucarne de Robles. Stupeur. Occupés à régler l’appareil photo, on confesse ne pas avoir vu le but, et les écrans du stade ne daignent pas envoyer le replay. Saleté. Du moins savons-nous toutefois que le match a débuté, ce qui ne semble pas être le cas de la centaine – au bas mot – de supporters qui continueront de rejoindre leur place en tribune durant toute la première période. Pour les Cainri, l’arrêt à la buvette pour se ravitailler en wings de poulet et en hot dogs est visiblement plus important que d’être assis pour le coup d’envoi. Et ce n’est pas celui qui nous déloge gentiment au début de la seconde mi-temps car on a pris sa place qui nous contredira.

Oui, c’est cela, un stade à l’américaine. Des familles, des familles, des familles, qui viennent voir un match comme s’ils étaient au drive-in. Sauf qu’il n’y a pas de fonction replay à la demande, mais peu leur importe. Calés dans leur siège, les 15 000 supporters présents hier offrent une ambiance spéciale. Pas de tifo hormis un Let’s go Red Bulls entonné au mitan de la seconde période, mais un bruissement jovial en continu. Ce public-là, habitué à vibrer toutes les 8 secondes sur les parquets de NBA, fait ses gorges chaudes de la moindre action, et supporte les siens en continu. Le Parc des Princes peut ramasser ses dents.

Sa Majesté Thierry Henry et les étranges coutumes arbitrales américaines

Avec 10 minutes de retard (impossible en Europe !), le match démarre. Une minute de jeu, et déjà Kenny Cooper trouve le gardien de la tête, avant que les Canadiens ne touchent à leur tour le poteau. Le match a démarré sur les chapeaux de roue, avec un niveau technique déjà bien appréciable, le public se régale.

Au quart d’heure de jeu, Thierry Henry prend le corner. Dans notre latérale, les supporters frappent des pieds contre le sol en ferraille, et provoquent un bruit de mort. Visiblement, ils ne connaissent pas Furiani. Qu’à cela ne tienne, Titi délivre sa première galette pour Holgersson de la tête, et les Red Bulls égalisent.

La Red Bull Arena chavire, comme elle chavirera à chaque fois que Thierry Henry, très cabotin en MLS, offrira à son audience son pain quotidien. Après le but, Titi jongle face à son vis-à-vis : orgasme. A la vingtième, le vent pousse légèrement Sa Majesté Thierry dans la surface. L’arbitre ne siffle pas de penalty, l’Arena vocifère. Elle se calmera quand à la demi-heure de jeu, Titi lancé en profondeur s’amuse avec son défenseur avant de servir Kenny Cooper, seul devant pour le deuxième but.

Mi-temps, et le spectacle est intéressant, confessons-le. On attend avec impatience les animations de la mi-temps, qu’on imagine grandiloquentes. On est servis. Sur l’initiative d’une association de charité croate, l’équivalent de six classes de CP déboulent sur la pelouse pour un mini-match sur des demi-terrains. Ça grouille de partout, on dirait un match de Nancy, mais les parents sont contents et prennent des photos sur le bord de la pelouse. En vrai, ça ressemble un peu à ça. Et toujours, pendant 20 minutes, du Rihanna et du Jay-Z à fond les ballons, jusqu’à le coup d’envoi de la seconde période vienne interrompre le concert de décibels. Y’a plus de respect !

En seconde période, l’intensité retombe, les Red Bulls contrôlent. L’arbitre, à la 55e minute de jeu, siffle la seconde faute du match, et trace un trait au spray de peinture de blanche pour délimiter les 9m15 : curieuse tradition. Oui, on a compté : deux fautes. Pourtant, des contacts irréguliers et des mains, il y en a eu, mais la règle de l’avantage est ici poussée à l’extrême, comme s’il fallait impérativement ne pas faire retomber le spectacle. Qu’à cela ne tienne, le spectacle retombe de lui-même, et on commence à fermement s’ennuyer.

C’est là que Thierry Henry, increvable, sort la boîte à malices. Alors que Teemu Tainio, une vieille connaissance de Ligue 1 vient d’entrer, l’ancien d’Arsenal reçoit le ballon dans la surface, s’amuse encore à jongler et délivre une troisième assist pour Kenny Cooper, encore seul devant le but vide. La prestation n’aurait pas été complète sans un but, et ce dernier sera de grande classe. Lancé en profondeur sur la gauche, Titi n’attend pas de contrôler le ballon, et envoie une frappe enroulée du droit qui lobe le gardien canadien. Régal, plaisir, et toute la tripotée de synonymes.

Fin du match. Les tribunes se vident dans la joie, mais les cohortes de supporters regagnent le PATH bien sagement. Les familles en ont eu pour leur argent, mais nous, on cherche les vrais supporters.

PS : Après le match, on s’est mis en tête d’interviewer des supporters des Red Bulls. Vous apprécierez l’analyse très objective et le vocabulaire mesuré des New Yorkais.

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